Histoire du Wâlo

Le Wâlo est la zone inondée par la crue annuelle du bas Sénégal, c’est historiquement un royaume amphibie qui s’étendait sur-les deux rives du fleuve. Pays de pêche, d’élevage et de culture, peuplé surtout de Wolofs, les « Waalo-waalo », on connaît son passé par la tradition orale. C’est à un lettré de Dagana, Amadou Wade, que l’on doit la chronique de Wâlo (Wade Amadou, and Vincent Monteil. 1964. « Chronique du Wâlo sénégalais, 1186?-1855 », Bulletin De L’Institut Français D’Afrique Noire. Série B, Sciences Humaines. 26: 3-4.). Il la dicta en wolof en 1941 à Bassirou Cissé dit « Fara » qui les transcrivit en français et en publia la majeure partie en 1944.16807632_1789119218074890_6693469949482494196_n

Les traditions font remonter les premiers rois du Wâlo aux Lamaan Sérères. Vers le Xe siècle, la première dynastie serait celle des Dya-Ogo, qui étaient peut-être des forgerons (en peul, « oogo » est le minerai de fer). Ensuite, différentes populations de la rive droite du Sénégal auraient été refoulées sur la rive gauche : Sérères, Socés et Peuls. Les Almoravides seraient les auteurs de ce déplacement de peuples, à la suite de la conversion de l’empire du Ghana à la fin du XIe siècle.

Amadou Wade rapporte que le fondateur de la dynastie des rois, ou Brak, du Wâlo était, Ndyadyan Ndyay. La liste chronologique des souverains du Wâlo, selon la tradition orale, ne contient que des noms et des durées de règnes. On note comme traits saillants une lutte pour le pouvoir entre les trois lignages royaux : les Logres (Loggar), les Dyoos et les Têêdyek, et de nombreux démêlés avec les Etats voisins qu’étaient le Kayor et le Fauta, jusqu’à la rupture avec le suzerain Dyolof au XVIe siècle, pour finir avec les incursions des Maures.

L’islamisation des Brak est tardive et superficielle : Mosto l’avait constaté en 1455. Les fêtes païennes du Gamu et les libations tiennent une grande place. La première conversion à l’lslâm, serait celle d’un wade, descendant du deuxième Brak, qui, à la fin du  XIIIe siècle, quitte le Wâlo pour le Fouta. Les femmes tiennent un grand rôle : le pouvoir ne peut sortir que des trois matri-lignages princiers. La « Linguère » (Linger}, soeur utérine du Brak, joue un rôle politique important, car son fils, le neveu du roi, est la première personne légitime à succéder au Brak précedent.

Les trois familles royales sont d’origine, soit Sérère (les Dyoos), soit Maure (Loggar), soit peule (ou mandé : Têêdyek). Ce triple lignage est symbolique de la triple origine ethnique des Wolofs : Sérères, Peuls et Maures avec, sans doute, du sang Soudanais.

Le Brak nomme les chefs de canton (Kangam), distribue des terres prélevées sur les domaines de la couronne, a droit au tiers du-butin (m16601752_1785159981804147_23274583008238744_ooyal), conduit les troupes à la guerre. Il n’apparaît en public qu’à la fête annuelle du Gamu qu’il préside.

La réalité du pouvoir appartient à une assemblée, ou conseil {mbôôlôô). L’élément moteur de ce conseil aurait été constitué par deux, puis trois, dignitaires :

  • Le Dyogomay – maître des eaux – d’origine sérêre (clan Ngom) ;
  • Le Dyawdin – maître de la terre – d’origine peule (clan Dyaw) ;
  • Et, plus tard, le Malô ou trésorier.

Comme partout chez les Wolofs, la pyramide sociale en dessous du Brak, du Conseil et des Kangam, repose sur trois étages superposés :

  • A la base, les esclaves (dyaam), où se recrutent les guerriers (Tyeddo), qui sont la force réelle du royaume ;
  • Au-dessus, les « gens de caste » (nyênyoo), qui sont souvent des étrangers, avec la division du travail du fer, du bois, du cuir et du fil ; Les griots (gêwel) font partie de ces intermédiaires ;
  • Ils sont dominés par les hommes libres (gêêr) ou dyaambur, dont la plupart sont les « manants » {baadolo) auxquels se rattacheront, par la suite, les marabouts ou « sérignes ».

Le lieu de résidence des Brak n’a sans doute pas toujours été le même. Cependant sur une carte générale du Sénégal de 1756, dressée par Philippe Buache, il est indiqué, à 20 km en aval de l’actuelle Dagana : « Nguiangué demeure du Brak Roi d’0ualo ». Cette résidence se trouvait donc, au moins à cette époque, à l’emplacement actuel de Richard Toll ; c’est là également que la situent les écrits postérieurs jusqu’à la disparition du royaume en tant que tel.

Le royaume du Wâlo dura jusqu’au milieu du XIXe siècle: Faidherbe l’occupa en 1855 et l’annexa en 1856.

Sources:

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